Une relecture de la Mémoire, de l'Histoire et de l'Oubli
- NAJIB BENSBIA
- 1 févr.
- 11 min de lecture
Paru en 1991, le livre de Paul Ricœur s’inquiétait des possibles « abus de mémoire » dans notre rapport à l’histoire. Cette préoccupation, problématique et souvent mal comprise, paraît encore plus pertinente aujourd'hui, à la lumière des querelles qui ont continué à se développer dans l’espace public sur les usages politiques du passé.

Par Jean-Claude Monod I ESPRIT
Premère partie
Les guerres du XXè siècle ne sont pas au premier plan dans la Mémoire, l’Histoire, l’Oubli. Elles sont cependant présentes, ou latentes, dans le propos d’ensemble du livre, et en particulier dans son « Épilogue », et elles sont explicitement nommées à plusieurs moments stratégiques du livre. La mémoire qui sous-tend l’ouvrage est une mémoire du xxe siècle européen, une mémoire marquée, notamment, par les guerres mondiales et par la Shoah. (Les problèmes historiographiques soulevés par la Shoah, déjà abordés dans Temps et récit, sont ici repris sous un autre angle, celui du rapport entre témoignage et histoire notamment).
La mémoire individuelle chez Ricœur participe aussi d’une mémoire collective dont il est dit qu’en elle, « les sentences (des grands procès criminels) cheminent lentement… au prix de rudes dissensus1 ». Certes, quantitativement, ces problématiques n’occupent qu’une place limitée dans l’ensemble – considérable – du livre. Celui-ci entrecroise une réflexion éthique et juridique, et à certains égards il constitue un « livre de jugement » politique, ainsi que Ricœur avait qualifié l’essai de Merleau-Ponty, les Aventures de la dialectique. Mais c’est bien d’abord un livre de philosophie, qui se déploie autour du thème central de la « représentation du passé », envisagée en trois temps, à travers une phénoménologie de la mémoire, d’abord, une épistémologie de la science historique, ensuite, une méditation sur l’oubli, enfin, qui participe d’une herméneutique de la condition historique. L’être historique est un être qui oublie. Cette structure-là doit être interrogée. Mais elle ne peut l’être, selon Ricœur, qu’après avoir examiné la question de la rétention du passé et de son oubli au plan de la conscience temporelle individuelle, c’est-à-dire essentiellement, suivant les orientations philosophiques de Ricœur, au fil d’une phénoménologie de la mémoire et à l’aide d’un redéploiement de certains concepts psychanalytiques.
Laissant ainsi de côté plus des trois quarts du livre, mon intérêt ne se portera que sur les points où la mémoire des guerres du xxe siècle affleure. Ces points sont, on ne s’en étonnera pas, ceux où Ricœur aborde également l’un de ses « thèmes civiques avoués », comme il l’écrit en ouverture : l’idée d’une juste mémoire, répondant à « l’inquiétant spectacle » d’un « trop de mémoire ici, trop d’oubli ailleurs », juste mémoire opposée à l’oubli, bien sûr, mais aussi aux abus de la mémoire.
On n’a pas encore, me semble-t-il, observé la pertinence et les difficultés des réflexions de Ricœur sur les « abus de la mémoire », dont il dresse une typologie, à la lumière aussi des problèmes posés par l’apparition de la notion juridique de crime contre l’humanité. Or ces problèmes n’ont cessé de gagner en virulence depuis la publication du livre, notamment au plan même où il les posait, c’est-à-dire dans la tension entre l’historien et le juge : ils sont devenus plus aigus avec l’extension de la notion de crime contre l’humanité ou de génocide à d’autres événements que la Shoah, comme l’esclavage, la traite des Noirs ou le génocide arménien.

La pratique des historiens est confrontée ici à une qualification juridique de certains événements ; l’historien voit sa « marge de manœuvre » en partie délimitée par la loi et peut tomber sous le coup de la loi, soumis à cet égard aux pressions d’organisations « mémorielles ». Divers épisodes français d’action judiciaire engagée contre des historiens sur ces points ont conduit à la pétition d’historiens « Liberté pour l’histoire » (décembre 2005, signée notamment par Pierre Vidal-Naquet, Pierre Nora, René Rémond…). Ces épisodes comme cette pétition (et le débat qu’elle a suscité, incluant une contre-pétition signée notamment par Claude Lanzmann), postérieurs au livre de Ricœur, ont donné une actualité nouvelle à la question d’un éventuel « abus de mémoire » au détriment de l’histoire des historiens. Mais on ne saurait limiter la pertinence du propos de Ricœur à cette actualisation.
Ricœur n’a certes pas abordé extensivement, dans la Mémoire, l’Histoire, l’Oubli, les problèmes de qualification d’événements historiques (comme crime contre l’humanité, génocide…) au plan proprement juridique, mais il l’a fait ailleurs, notamment dans la Critique et la conviction. Dans l’ouvrage sur la mémoire, Ricœur a dû plutôt aborder la notion de crime contre l’humanité en tant qu’elle s’est accompagnée d’une exigence d’« imprescriptibilité » juridique. Par là, la législation sur le crime contre l’humanité s’accompagne d’un refus de l’oubli dans ce que l’on peut considérer comme l’une de ses formes institutionnalisées juridiquement, la prescription. La prescription, comme l’amnistie (dont Ricœur interroge la frontière fragile avec l’amnésie), reconnaît implicitement une certaine vertu à la longueur du temps, voire à l’oubli. Or Ricœur reconnaît également une certaine vertu à l’oubli, y compris une vertu politique ; n’est-il pas alors en porte à faux par rapport à l’exigence d’imprescriptibilité des crimes contre l’humanité ? Et ce, alors même que le livre est placé sous un exergue emprunté à l’un des plus véhéments défenseurs de l’imprescriptible : Jankélévitch.
Nous avons là un ensemble de questions extrêmement difficiles et enchevêtrées, que Ricœur a traitées de façon concise et dense, au risque, parfois, de paraître elliptique, voire politiquement maladroit, alors que ses thèses ont un intérêt qui me semble s’être paradoxalement accru depuis la parution du livre.
Une typologie des « abus de la mémoire »
La force du livre, dans l’austérité même de sa construction, apparaît dans la typologie des abus de la mémoire : Ricœur ne se contente pas d’une analogie superficielle et ininterrogée entre mémoire individuelle et mémoire collective. Il consacre une section entière à la mémoire individuelle, interrogée sous l’angle de la phénoménologie de la « rétention » du passé, mais aussi sous l’angle des « pathologies de la mémoire » individuelle, interrogée, cette fois, à l’aide des concepts de Freud.
Ricœur distingue donc trois formes d’abus de la mémoire, non pas simplement au sens d’un « trop », mais d’un mésusage, d’un dysfonctionnement : la mémoire empêchée, la mémoire manipulée, la mémoire obligée. Chacune de ces catégories comprend elle-même des formes variées.
La mémoire empêchée, par exemple, peut être empêchée de diverses façons : sur le mode, bien sûr, d’une censure directe, ce qui est le cas dans les régimes totalitaires mais qui a pu être le cas aussi dans les démocraties ; ou sur le mode de ce que Ricœur appelle la « direction » des opérations de mémoire, une prise en main de la mémoire officielle qui empêche sciemment des visions divergentes d’émerger. On est là déjà aux frontières de la mémoire manipulée.
Il y a cependant une autre forme de mémoire empêchée, que Ricœur aborde justement à l’aide de catégories psychanalytiques, freudiennes : c’est la mémoire qui se heurte à des « résistances » au sens freudien. Les traumatismes du passé sont refoulés, on ne veut pas savoir. Ce déni, comme chez Freud, peut mobiliser des « souvenirs-écran » : par exemple (exemple emprunté par Ricœur à l’ouvrage d’Henry Rousso, le Syndrome de Vichy), après guerre, en France, la fiction d’une France massivement résistante put fonctionner comme souvenir-écran pour « ne pas savoir » ce que l’État français, ce que l’administration avaient fait, de quelle manière ils avaient apporté une aide considérable dans l’arrestation et la déportation des juifs.
Face à ces empêchements apparaît la nécessité d’un « travail de mémoire », que Ricœur formule en déplaçant, là encore, une catégorie freudienne, celle de « travail de deuil ». Il faut du temps, disait Freud, pour que la psychê accepte certaines pertes, certains deuils – un deuil, c’est « chaque fois la fin du monde », comme dit Derrida. Analogiquement, il faut parfois du temps pour que la mémoire collective admette certaines réalités du passé national, certains épisodes ou événements perturbent le « narcissisme » national, l’image de soi. À mon sens, la réalité des guerres et des violences coloniales n’est toujours pas « passée dans le conscient », il s’agit là d’un travail toujours en cours qui se heurte à des intimidations, comme lorsque l’État prescrit d’enseigner « le rôle positif de la colonisation ». On passe ici à la mémoire manipulée, qui naît au croisement entre mémoire et identité. Là encore, Ricœur fait jouer des analogies maîtrisées, étayées par les précédents chapitres et par le travail antérieur sur l’identité narrative (Soi-même comme un autre), le rôle de la mémoire et de sa mise en récit dans la constitution de l’identité – personnelle, collective, nationale, etc.
À propos de la mémoire manipulée, Ricœur note ceci : Le cœur du problème, c’est la mobilisation de la mémoire au service de la quête, de la requête, de la revendication d’identité.
En quoi est-ce problématique ? L’identité collective, comme l’identité individuelle, peut-elle éviter d’être fondée sur la mémoire de soi ? Mais précisément, le travail philosophique de Ricœur sur l’identité personnelle dans Soi-même comme un autre permet ici une distinction fondamentale : l’identité idem et l’identité ipse, le « même » comme idem, same, gleich, ou le « même » comme ipse, self, Selbst2. Or le maintien de soi dans le temps implique un jeu complexe entre mêmeté et ipséité. Le moment où la revendication identitaire, en soi tout à fait légitime, devient « déraison », c’est, note Ricœur, dans le repli de l’identité ipse sur l’identité idem, ou, précise-t-il, lorsqu’on perd la souplesse propre au maintien de soi dans la synthèse du récit et dans la promesse, au profit de la rigidité d’un « caractère », d’un « même » tenu pour substantiel. Ce n’est pas détourner ces intuitions que d’ajouter, me semble-t-il, qu’un ministère de l’Identité nationale était précisément de ces « manipulations » qui tendent inévitablement à figer l’identité, qui n’est jamais qu’une « promesse » de fidélité sélective à un passé, vers la substantialité d’une « mêmeté », d’une « souche » culturelle, d’une mémoire où le passé est censé faire loi pour le présent, prescrire des « incompatibilités » culturelles, ethniques, etc.
Mais le repli identitaire n’est pas le seul fruit empoisonné des abus possibles identifiés par Ricœur, et c’est ce qui m’intéressera ici : Ricœur évoque aussitôt, dans ces mêmes pages, le rapport « qu’on peut dire originel », écrit-il, de la communauté historique, de « toute communauté historique », peut-être, à la guerre3.
La mémoire des guerres est, ou a très longtemps été, une mémoire fondatrice. Exaltation des victoires, ressentiment à l’endroit des défaites. Or la commémoration peut devenir une occasion de rouvrir le ressentiment (on pourrait citer ici certains événements déclencheurs de la guerre en ex-Yougoslavie, notamment le grand rassemblement pour commémorer la bataille du champ des Merles, en 1989, au cours duquel Milosevic réactiva le thème de la « Grande Serbie »). Cette mémoire manipulée est soumise à un pouvoir, à une formation politique ou autre qui en déforme le contenu ; la déformation peut être idéologique, visant à écarter ce qui pourrait gêner le récit officiel, glorieux, le récit national, notamment. Mais l’instrument de la déformation peut être la commémoration même, où une logique d’autocélébration indirecte peut conduire à évacuer des éléments gênants (des injustices commises à l’égard d’autres peuples, ou à l’égard d’une partie du peuple, la souffrance des soldats de base, etc.).
Ici nous pourrions illustrer ou développer le propos de Ricœur en évoquant, justement, la manipulation de la mémoire de certaines guerres du xxe siècle. Un article d’Arno J. Mayer issu d’une conférence sur « Les pièges du souvenir », parue en français dans Esprit, donne un exemple très parlant de manipulation mémorielle : la présentation de la Tranchée des baïonnettes et de l’ossuaire de Douaumont, monuments de la Grande Guerre ouverts dans l’immédiate après-guerre à titre de « culte des héros morts » dans une perspective nationaliste, et étudiés à ce titre par Antoine Prost dans l’article « Verdun » des Lieux de mémoire : On raconte que les soldats français debout, accrochés à leurs fusils, la baïonnette au canon, dans la Tranchée des baïonnettes qui a été conservée intacte, ont été enterrés vivants par l’effondrement de ses parois alors qu’ils défendaient héroïquement leur patrie, bien que la baïonnette ne soit pas vraiment une arme défensive. Les ossements exposés dans l’ossuaire sont censés être ceux des 130 000 soldats français « inconnus », tués sur des champs de bataille qui étaient aussi recouverts des ossements de milliers de soldats allemands tout aussi « inconnus » […]. Il est clair que l’on avait eu soin de séparer parmi les morts les poilus victorieux des Boches vaincus, comme pour suggérer que leur combat se poursuivait outre-tombe4.
Dernière figure de la typologie, la mémoire obligée recoupe partiellement la mémoire manipulée. Obligation est faite de se souvenir de ceci… et non de cela. Ou de s’en souvenir sur le mode exclusif de la mémoire, au détriment de l’enquête historique. L’exemple est ici délicat, et il est la source d’une polémique sourde, apparue après la conférence Marc Bloch (prestigieuse « lecture » placée sous l’égide du cofondateur des Annales), prononcée par Ricœur à la Sorbonne en 1999 et dont des extraits avaient été publiés dans Le Monde, avant une publication complète dans la revue des Annales. Pourquoi cette polémique ? Parce que Ricœur semblait viser essentiellement, sinon exclusivement la mémoire juive et/ou la mémoire de la Shoah, évoquée quelques lignes après l’inquiétude quant au « trop de mémoire ». Or qu’est-ce qui justifie de spécifier ainsi la critique ? Peut-on « trop se souvenir » ou trop enjoindre à se souvenir de la Shoah ? Il faut rappeler que Ricœur réfléchit ici dans un contexte marqué, dans les années 1990, par la controverse sur la « concurrence des mémoires », selon laquelle après un long « refoulement », la Shoah ferait l’objet d’une « obsession » qui s’exercerait aux dépens d’autres mémoires – depuis celle des dominations et des génocides subis par les Indiens d’Amérique jusqu’aux massacres coloniaux, mais aussi celle de l’esclavage, celle du génocide arménien, celle des victimes du Goulag ou du génocide khmer… Ricœur, je crois, voulait sortir par le haut de cette controverse, en voyant dans la Shoah le point de retournement abyssal à partir duquel l’histoire devait absolument cesser d’être une « histoire des vainqueurs » et s’ouvrir à cette « solidarité des ébranlés » dont parlait Patockà.
Fallait-il alors sembler spécifier, dans la critique, une tendance à la clôture sur soi de la mémoire « communautaire », concentrée uniquement sur elle-même, au risque d’être insensible au malheur ou au « tort » fait à d’autres ? Le reproche est injuste si l’on songe à l’engagement de tant d’intellectuels « juifs » pour des causes multiples, des peuples attaqués, menacés, exposés à des pratiques de « nettoyage ethnique », de la Bosnie à la Tchétchénie ou au Darfour. Le reproche visait-il alors l’usage de la mémoire dans le cadre du conflit israélo-palestinien, soit la mémoire du génocide juif invoquée ou projetée pour interdire la critique au présent de certains agissements d’Israël ? C’est probable, et il y avait là l’écho d’une critique développée alors par des intellectuels de gauche israéliens, comme Y. Leibowitz dans un livre publié en 1992, Judaism, Human Values and the Jewish State, ou par l’historien Arno J. Mayer, auteur de la Solution finale dans l’Histoire, dont la traduction française avait été préfacée par Pierre Vidal-Naquet. La lecture de la Mémoire, l’Histoire, l’Oubli ne donne pas du tout l’impression, que pouvait susciter la conférence Marc Bloch, de privilégier arbitrairement, dans la critique, le cas d’Israël. Les abus de mémoire dans certaines régions du monde peuvent sans doute concerner le Moyen-Orient, les invocations de la mémoire dans le drame israélo-palestinien, mais le thème vise aussi clairement, entre autres, les Balkans, qui étaient au cœur des discussions lorsque le thème des « abus de la mémoire » a été porté dans l’espace public, en France, dans les années 1990.
D’un autre registre relève l’inquiétude de Ricœur face à certains discours qui placent la Shoah « hors histoire » ou reprochent à des historiens d’aborder un tel événement « froidement », avec une prétention à l’objectivité qui, comme telle, anesthésie la sensibilité. Ricœur met alors en garde contre un déséquilibre entre mémoire et histoire : un « trop de mémoire » par rapport à l’histoire, voire « contre » l’histoire. La tendance visée est celle qui tendait à faire de la Shoah un événement absolument « indicible », qui serait non seulement hors d’accès pour la raison, mais quasiment irreprésentable – et de citer des déclarations de George Steiner qui allaient dans ce sens (« le monde d’Auschwitz réside hors discours comme il réside hors raison »). Prétendre que la Shoah ne peut qu’échapper à la compétence et aux méthodes de l’historien est un geste que Ricœur refuse assez vigoureusement : il faut en parler, l’analyser, la documenter.
Trop de mémoire, ce peut donc signifier le refus de voir un événement traumatique abordé avec la froide objectivité de l’historien, une sorte de « tabou » au sens propre : un interdit de sa profanation par le langage « public », et a fortiori par le langage scientifique.
Le parallèle s’impose encore avec la réflexion de Freud sur le travail de deuil, sur les difficultés de la douleur à accéder au langage public, à se laisser « partager ».
« Crime contre l’humanité » et « imprescriptibilité » : nécessité et difficultés
Il faut alors aborder la question du choc en retour des crimes contre l’humanité sur la mémoire et l’histoire du xxe siècle. Dans la Critique et la conviction, Ricœur fait part de sa position « hésitante » sur cette notion : l’hésitation se traduit par la qualification du crime contre l’humanité, dans la même page, comme une « tentative indispensable – mais discutable – pour donner une inscription juridique à la discontinuité entre les crimes de guerre et l’extermination de masse5 ».
Il faut rappeler que cette discontinuité n’a pas été immédiatement affirmée ; dans les procès du tribunal de Nuremberg, la notion de crime contre l’humanité a d’abord été annexée aux crimes de guerre, comme une sorte de crime de guerre extrême ; puis elle en a été détachée pour permettre de poursuivre des crimes que les prescriptions judiciaires et les amnisties étatiques avaient laissés impunis. Les crimes contre l’humanité sont imprescriptibles, ce qui a impliqué une transformation du droit international et des droits « nationaux » quand ils les ont intégrés à leur édifice juridique.
In memoriam of Claude Monod (1917-1945), colonel Ffi, mort à 28 ans
NB : Cet article a été publié initialement sur ESPRIT sous le titre « L'horrible, l'imprescriptible et l'admirable : Une relecture de la Mémoire, l'Histoire, l'Oubli de Paul Ricœur ».
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Notes :
* Philosophe, archives Husserl (Cnrs, Ens Paris), voir son précédent article dans Esprit : « De l’abus à l’usufruit », janvier 2010.
1. Paul Ricœur, la Mémoire, l’Histoire, l’Oubli, Paris, Le Seuil, coll. « L’ordre philosophique », 2000, p. 224.
2. P. Ricœur, la Mémoire, l’Histoire, l’Oubli, op. cit., p. 98.
3. P. Ricœur, la Mémoire, l’Histoire, l’Oubli, op. cit., p. 99.
4. Arno J. Mayer, « Les pièges du souvenir », trad. fr., Esprit, juillet 1993, p. 51.
5. P. Ricœur, la Critique et la conviction. Entretien avec François Azouvi et Marc de Launay, Paris, Calmann-Lévy, 1995, p. 172.
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